CITE #004 - SIGNAL
Description
CITE #004 - SIGNAL
Le signal est d’abord une forme d’apparaître : ce par quoi quelque chose advient à la perception sans se confondre avec ce qu’il désigne. Il ne se réduit ni au message ni à la matière, mais s’inscrit dans l’intervalle qui relie et différencie. Il opère comme un principe de relation, un mode d’articulation entre l’ordre du sensible et celui de l’intelligible.
En art et en design, cette notion engage une réflexion sur les conditions mêmes de la perception et de la signification. Le signal devient opérateur de mise en forme : il structure le rapport entre intention et réception, entre système et événement. Penser le signal, c’est interroger les régimes contemporains de visibilité et d’attention, les dispositifs qui les produisent et les interprétations qu’ils induisent. Cette approche, à la croisée des sciences, des pratiques artistiques et des théories du sensible, invite à envisager l’art et le design comme des espaces expérimentaux de lecture et de transformation du monde.
- - - - - - - - - - - - - -
PROGRAMME
18H05 - Prologue - Aspects théoriques d’un ennui situationnel appliqué aux arts.
Roméo Agid
Directeur de la recherche de Condé
Docteur en arts
18H25 - Phytographia, l'arbre comme sentinelle graphique
Phytographia interroge les graphies terrestres depuis l’écologie scientifique pour réfléchir au régime de visibilité, d’attention, de compréhension et de relation avec le vivant végétal. Plus particulièrement celles des êtres vivants que sont les arbres pour prototyper une possible écriture végétale du monde. Phytographia ambitionne de mettre en scène l’acte de penser par le dessin. De tester la performativité du langage visuel avec le manuel comme format d’écriture plutôt que l’herbier-atlas.
Axelle Grégoire
Architecte / Cartographe fondatrice du Studio Omanoeuvres)
Docteure du Muséum National d'Histoire Naturelle (Ecologie et Conception)
Enseignante TALM Angers
18H55 - Sentir : mystères et beautés de la perception olfactive
Pourquoi une odeur peut être si bouleversante, comme dans le cas de la Madeleine de Proust ? Pour répondre à cette question, nous partirons à la découverte de nos détecteurs olfactifs, et des réseaux cérébraux qui permettent de conserver nos souvenirs liés aux odeurs, avec leurs pendants émotionnels et hédoniques et leurs connexions au corps.
Hirac Gurden
neurobiologiste au CNRS, laboratoire de Biologie Fonctionnelle et adaptative (Paris Cité)
Référent scientifique de l’association Anosmie.org
19H25 - Action monochrome et systèmes complexes
Avec la notion d’Action Monochrome, j’explore l’action en répétition, dans le cadre de performances, d’installations et de protocoles formant des systèmes complexes. J’aborderai les différentes formes de performances participatives ayant conduit à la création de Tä (2018), aujourd’hui au cœur d’une recherche Art-Sciences (bourse HFSP) menée avec trois laboratoires de recherche.
Goni Shifron
Artiste plasticienne & designer
- - - - - - - - - - - - - -
BIOS
Hirac Gurden
Né à Istanbul au sein d’une famille arménienne, Hirac Gurden grandit à Paris, où il a obtenu un doctorat en neurosciences. Après trois années de recherche dans un institut scientifique à New York, il rejoint le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), où ses travaux portent sur les mécanismes cérébraux impliqués dans la représentation des odeurs, qu’elles soient issues du corps ou de l’environnement. Il enseigne à l’Université Paris Cité et s’engage activement dans des actions de médiation scientifique visant à diffuser les connaissances sur le cerveau et l’odorat auprès du grand public. il est, entre autres, l'auteur de l'ouvrage Sentir, comment les odeurs agissent sur le cerveau (éditions Arènes).
Axelle Grégoire
Architecte de formation, Axelle Grégoire a un parcours croisé entre pratique et recherche, architecture/urbanisme et paysage, art et science. Formée à différents savoir-faire anciens (gravure et ébénisterie) ainsi qu’aux outils numériques, elle développe aujourd’hui des projets expérimentaux entre Design et Science, notamment sur la relation au vivant et la façon dont celui-ci questionne les outils de conception et perturbe l’appréhension des territoires et les processus de projet. Le studio Omanoeuvres (fondé en 2018) utilise, en effet, la cartographie, le jeu et la narration comme méthode de conception et de recherche dans le champ du design d’espace, du design critique et du projet de paysage. Docteure du Muséum National d’Histoire Naturelle (Spécialité: écologie et conception) depuis 2024, elle est la coautrice de « Terra Forma, manuel de cartographies potentielles » (B42, 2019 – MIT Press, 2022). Elle enseigne également à l’école d’Art et Design de TALM-Angers en « Design d’espace et enjeux contemporains.
Goni Shifron
Goni Shifron, artiste et scénographe basée à Paris, explore la mémoire, l’espace et les frontières à travers l’installation, la sculpture, la photographie et la performance. Diplômée de l’ENSAD (2016), elle a réalisé des résidences aux Ateliers Médicis, à la Villa Belleville et à la Fondation Carasso. Elle présente ses expositions personnelles à Fabre (2020), à la Philharmonie de Paris et à la galerie Paradigm à Philadelphie (2024). Lauréate du prix Fondation Signature (2022), elle a obtenu en 2025 la bourse internationale HFSP pour un projet alliant Art et sciences.