Du bon usage du symptôme - Monique Amirault
Description
Freud découvre, avec l’inconscient, que le symptôme est porteur d’un sens, d’une vérité cachée qu’il s’agit de faire advenir pour que se lève le symptôme. Mais, en même temps, il constate que ce dernier, bien que le sujet en souffre, résiste étrangement, se répète, se déguise et se révèle porteur d’une curieuse satisfaction. Entre sens et satisfaction, les termes de la découverte freudienne du symptôme seront repris par Lacan qui en déclinera, jusqu’à la fin de son enseignement, différentes articulations. Il en arrivera à situer le symptôme comme un noyau irréductible, à considérer qu’il contient ce que chaque être parlant a de plus précieux, de plus réel, que c’est un peu son œuvre, sa signature, et qu’il lui donne son style. Pourrait-on dire que Lacan fait l’éloge du symptôme, à l’instar d’Erasme avec son éloge de la folie ? Pour Lacan, aucune idéalisation du symptôme mais l’invitation à accompagner celui qui souffre dans les usages singuliers et inventifs qu’il peut lui trouver pour prendre sa place dans le lien social.
Au moment où celui qui souffre ne trouve plus à être entendu, où tout signe de dysfonctionnement est interprété dans le registre neuro et l’homme réduit à son cerveau et à une unité marchande, la psychanalyse éclairée par le dernier enseignement de Lacan permet de faire valoir la valeur du symptôme et d’en déplier les usages singuliers.
Vignettes cliniques et séquences de la pratique de « présentations de malades » serviront de matière à notre propos. [1]
[1] Monique Amirault, Tous des exceptions, Presses Psychanalytiques de Paris, novembre 2025