La querelle des cimetières entre cléricaux et anticléricaux en Belgique au XIXèm
Description
Voilà un sujet qui fut bien difficile à gérer par les pouvoirs publics ! Cette querelle s'est concentrée sur la question de savoir si les cimetières devaient rester sous le contrôle de l'Église catholique, avec les exclusions que cela supposait (protestants, juifs, hérétiques, enfants mort-nés, suicidés, personnes dites « de mauvaise vie », libres penseurs, francs-maçons etc se voyaient refuser l’inhumation dans le cimetière consacré), ou s'ils devaient être laïcisés et devenir publics (avec droit d’inhumation pour tous, quelle que soit la confession ou la philosophie du défunt). Cette querelle – un petit coin de l’histoire de Belgique – a porté sur la persistance de « trous des chiens » ou de « coins des réprouvés », souvent insalubres, dans les cimetières jusqu’au début du XXème siècle. Elle fut la cause d’incidents parfois violents et eut des implications majeures dans le combat pour la laïcisation de la société belge, pour la liberté de conscience et dans l’évolution des pratiques funéraires dans notre pays. La Franc-Maçonnerie et les sociétés de libre-pensée se sont impliquées dans ce contentieux qui s’inscrit dans la suite de plusieurs autres (enseignement, soins de santé…) qui opposèrent l’Église catholique au courant de pensée libéral et qui marquèrent la marche de la société belge vers la sécularisation.
George Laurent est historien (ULB, 1994), co-auteur de plusieurs livres consacrés à l’histoire de la Franc-Maçonnerie en Belgique (et des loges de la famille des « Amis Philanthropes » en particulier).