L'école Estienne présente
LIEU
17e édition du Printemps de la typographie
Au 26 mars 2026 18:00
Description
L’édition 2026 du Printemps de la typographie, la dix-septième du nom, se propose d’interroger le design typographique sous l’angle cardinal du LIEU. Elle se placera pour ce faire sous une double égide explicite. Celle tout d’abord, anecdotique et fantasque, de cet animalcule des fonds marins où il fait bien noir, qui a la particularité inouïe, après avoir erré de lieu en lieu, une fois qu'il a enfin pris position en son lieu, de manger son propre cerveau pour n'être plus que ce qui importe alors vraiment pour lui, un tube physique, béatement heureux, littéralement comme étymologiquement une « petite outre ». Celle ensuite, tout aussi inédite et tout aussi hérmétique, d’un prince des poètes, « un peu étranger au commun des hommes, différent et supérieur aussi, mi-homme et mi-dieu », selon le dire commémoratif d’un de ses proches, chantre oxymorique de « l’obscurité lumineuse », selon le mot éclairant de deux de ses récepteurs avisés, qui osa figurer la sortie de crise en se faisant imagier typographe et en initiant ainsi dans l’écriture spatiale noir sur blanc un chemin ciel-terre et retour dont une formule à la fois condensée et dispersée saisit l’enjeu imaginal : RIEN N’AURA EU LIEU QUE LE LIEU EXCEPTÉ PEUT-ÊTRE UNE CONSTELLATION. Encouragés d’aussi singulière façon par ce que nous dénommerons, pour faire court, les deux effigies tutélaires de l’outrance synthétique, nous nous rangerons sans fléchir sous leur étendard performatif et en signe de notre ralliement vigilant, nous porterons à notre tour l’emblème de leur enseignement qui est celui de la surprise et du contentement, de la condensation et du disséminement, de l’emballement et de la contemplation, de l’arrêt et de l’entrain, du désordre et de la règle, de la prise et du mouvement. Voguant d’horizon en horizon, de site en site, de format en format, de vue en vue, nous rejouerons la donne à chaque fois, sans capitaliser et sans suffisance, et à chaque fois, notre gai nomadisme s’interrompant, nous recommencerons et apprendrons à prendre le temps de déchiffrer l’espace énigmatique qui s’offre à nous dans l’instant de cette saisie profonde et constellante. Qu’à chaque fois donc, LIEU soit, pour que LIEU advienne ! Car RIEN, typographiquement, c’est déjà quelque chose. C’est sur ce mode gaillard que s’édifiera peu à peu, peut-être, un maillage critique étendu, celui, toujours à circonscrire, de notre connaissance.