Tours et détours du désir
Description
Si le désir est un « lutin espiègle », c’est parce qu’il nous joue des tours, échappe à toute maîtrise, circule entre les lignes. Il est rétif à toute normalisation et à toute universalisation. Comment dès lors l’attraper ? C’est autour de cette question qu’il s’agira de cheminer. La psychanalyse d’orientation lacanienne fait du désir l’horizon majeur d’une cure. Beaucoup connaissent ce slogan : « ne pas céder sur son désir ». Mais qu’a voulu précisément dire Lacan en formulant ce précepte éthique ? Il faut les tours et les détours d’une analyse pour cerner combien céder sur son désir n’a rien d’une assomption subjective, d’un rehaussement du moi. Ce n’est pas une caution hédoniste, ni une promesse de bonheur : céder à son désir suppose du courage – car il en va à la fois d’un gain et d’une perte. Le désir a aussi sa face sombre, qu’une psychanalyse oblige à devoir prendre à son compte au cœur de ce que Lacan nomme jouissance. Renoncer à son désir, nous dit sans fard Lacan, est une lâcheté. La dépression comme l’angoisse sont les signes du rapport de chaque sujet à son propre désir, que seule une psychanalyse permet de mettre au clair. Il ne s’agit de rien de moins ici que du rapport à l’Autre, ainsi qu’à l’objet. Notre voyage s’arrêtera dans plusieurs ports, notamment le graphe du désir, Hamlet et Freud sur l’Acropole.