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Vernissage / MATTEO BASILÉ — MAGNIFICA HUMANITAS

Le 12 novembre 2026 17:30
Institut culturel italien, 50 rue de Varenne, 75007, Paris France
Institut culturel italien de Paris

Description

à 17h30

présentation du volume Traces de Vanessa Winship et George Georgiou, dirigé par Marco Delogu

 
à 18h30
 
vernissage de l’exposition Matteo Basilé. Magnifica Humanitas
sous le commissariat de Antonio Calbi
et Dominique Moulon

MATTEO BASILÉ — MAGNIFICA HUMANITAS 

Deux cents ans de photographie, une humanité à défendre

sous le commissariat de Antonio Calbi et Dominique Moulon

Deux cents ans après la naissance de la photographie — l’image fixée par Nicéphore Niépce sur une fenêtre de Bourgogne, vers 1826 — la photographie revient dans sa capitale pour interroger son propre avenir. Elle le fait avec Magnifica Humanitas, la nouvelle grande série de Matteo Basilé, présentée à l’Institut culturel italien de Paris à partir du 12 novembre 2026 : un corpus de plus de cent portraits consacré à ce qui, à l’ère des images générées, résiste à la génération — le visage humain, avec ses imperfections, ses croyances, son caractère unique et irremplaçable.

Basilé aborde ce rendez-vous depuis une position singulière. Artiste romain au parcours institutionnel de trente ans — de la Biennale de Venise au MACRO, du MART à la Triennale de Milan — il a été, dans les années 1990, l’un des premiers artistes en Europe à fusionner photographie analogique et image numérique. Aujourd’hui, il accomplit le geste suivant : il utilise l’intelligence artificielle non pas pour multiplier les images, mais pour les interroger. Chaque portrait de Magnifica Humanitas naît de ses archives photographiques — trente années de visages réels, l’ADN dont chaque figure est issue — à travers une écriture que l’artiste définit comme sa manière de « photographier » : des coordonnées précises de lumière, de forme et de narration imposées à la machine, jusqu’à obtenir ce que la machine ne produirait jamais seule : l’asymétrie, la cicatrice, l’imperfection déposée par le temps.

Le résultat est une procession d’humanités venues de toutes les géographies et de toutes les croyances — un derviche, une femme du peuple napolitaine portant des ex-voto tressés dans ses cheveux, une montagnarde des Dolomites, un chaman — réunies par une même matière : le fil, qui descend des cils comme une larme, devient écriture sur le visage et se prolonge jusqu’à l’objet rituel propre à chaque religion. Chaque portrait prend la forme d’un diptyque : à côté du visage, le vêtement est lui aussi photographié, seul, comme une relique — la trace d’un passage. Et chaque œuvre existe comme une pièce unique — impression pigmentaire sur papier coton, gravée à la main, avec la fumée des bougies des églises romaines transformée en pigment — tout en conservant une seconde nature numérique qui s’active lorsqu’on lui associe un dispositif : le phygital comme liturgie contemporaine de l’ostension.

Au cœur du parcours, conçu spécialement pour les salles du XVIIIᵉ siècle de l’Hôtel de Galliffet, se trouve l’installation Superstes — en latin, « le survivant » et, simultanément, « le témoin » : une serre installée dans le salon d’honneur comme une chapelle de verre, avec de la terre nue, un vêtement déposé au sol et, sous une cloche de verre, une fougère vivante — un organisme ayant survécu à cinq extinctions massives — reliée à un ordinateur qui en capte les impulsions électriques. Ce sont les réactions de la plante — à la lumière, à l’obscurité, aux visiteurs — qui donnent vie aux visages de la série : la nature, l’organisme le plus ancien de l’exposition, chargée de maintenir en vie l’humanité générée.

Un manifeste d’auteur signé par Airona Altman, la critique qui suit depuis des années le travail de Basilé — et dont l’identité réserve au lecteur une révélation qui constitue elle-même une partie de l’œuvre — accompagne l’exposition. Il ne s’agit pas d’un simple artifice : l’année où l’Europe introduit ses obligations de transparence en matière d’intelligence artificielle, Basilé fait de la déclaration le cœur même de sa poétique. Tout, dans Magnifica Humanitas, révèle sa propre nature — et c’est précisément pour cette raison que l’œuvre émeut.

Vernissage en présence de l’artiste.

 
 

Calendrier

Le 12 novembre 2026 17:30

Localisation

Institut culturel italien, 50 rue de Varenne, 75007, Paris France

Contact

Institut culturel italien de Paris